Sons/Jeux Songes

Tags:

8_2_header
Performance-installation réalisée dans le cadre d’une résidence de recherche/création à La Friche Lamartine, Lyon, octobre 2016

Coloré, douillet et fantastique, l’univers d’Isabelle Clermont est empli d’une poétique et d’une écho-logie. Il y a quelque chose du feu follet dans l’installation lumineuse, quelque chose de la rêverie dans la mise en scène, nous sommes dans un son-jeu, un songe éveillé ou se croisent pêle-mêle la multitude de pépites que cette créatrice a collectées à l’occasion de ses cheminements en terre européenne… Une performance qui parle d’absence et de connexions, qui tisse des liens avec les êtres et qui nous fait l’offrande d’instants de vie glanés sur des chemins qui se sont croisés.  

Patrick Mathon (Guide pour Lyon City Trek)

Partie pour cette aventure outre-mer la tête remplie d’élans poétiques afin de guides mes réflexions, en voici quelques portées: résonances immuables, ondes discrètes, points d’ouïes, marche doublée, recherche rythmique, ondulations pénétrantes, triolets de croches, portée en émoi, sol soupir, fa à demi, espace de silencia, jeux de blanches, noires en suspensions, suspendues en accord, justement positionnée, en variations clermoniennes, jubilée Stockhausen, enregistreur à on, off de voix, bien mise des aigues, aigus/gravées, en octaves sympathiques, pianote le marteau, dans le duo de l’escalier, pour un registre des sonorités…

Lyon, ville de tissage, ville des communautés secrètes, ville on l’on peut perdre pied, sous terre, dans ses tripes, souterrains mystérieux, marches insolites et escaliers sans fin entre les nombreux ponts piétonniers visibles sur le bord de la Saône.

Un objet divin, une carte à tisser, tisser des liens pour mieux retrouver son chemin, tourner tout autour et passer à travers, en tension, se perdre dans la toile et respecter, accepter, son secret. Une carte dresse le territoire, une carte performée repliée à quatre mains.

Filer des laines en vidéographie, découverte de l’autre dans la matière textile et sonore, une rencontre bienveillante. D’un tas de laine qui se détricote, d’un amas de fruits où se révèle un désert, d’une grenade dépiautée surgit un cosmos. Esquisse d’un espace lumineux et d’un éclairage commun. De plus en plus de couleurs, des jaunes puis des rouges et une gélatine qui s’immisce comme du flou dans notre songe, ne pas perdre le rythme, ne pas perdre le fil. Une extension où « encore une fois, le monde tombera comme une gélatine de fraises au ceux de l’estomac du diable. » (Phrase inventée puisé du roman Île d’Aldous Huxley, éditions Plon)

J’ai jouée avec les paradoxes audibles… Entre les sons angoissants d’un viélo-roue, l’archet sur la harpe à doigts et les effets des tables-tournantes vintages. Entre la viscéralité de mon souffle et la poésie délicate du collaborateur. Entre les paysages sonores aux accents de marchés publics et les échantillonnages à la teinte industrielle.

Une bienveillance pour les herbes fraîches de thym, menthe et romarin qui embaumaient l’espace performatif et qui ont été distribuées en guise de partage.

Réalisation, installation et performance audio : Isabelle Clermont
Performance : Florian Clerc
Projection : Isabelle Clermont et Jérôme Dupré La Tour
Montage vidéo: Sébastien Cossette
Poésie : Pierre Gonzales
Photographie : Isabelle Clermont et Patrick Mathon
Saxophone : Gilles Malatray
Captation vidéo : Omar Toujid

Partenaire financier :
corporation-de-d--veloppement-culturel