Poésie kinesthésique

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Présenté à la galerie d’art R3, Université du Québec à Trois-Rivières


Je ne peux concevoir l’artiste qu’en pleine aventure, allant d’étape en étape, sans craindre de sauter dans le vide.
Antoni Tapiès


Mon corps en mouvement déploie une organicité propice à laisser jaillir ma création. Le franchissement physique d’une distance spatiale constitue et conditionne la configuration de mon art, elle trace un signe d’équivalence entre marcher et créer. Les chemins sont des prolongements de ma pensée et marcher est autant une manière d’habiter le monde que de fabriquer l’œuvre.

J’associe mon souffle à l’image afin de rendre compte de la force fragile de ma présence. Pour reprendre les propos de Gilles Deleuze cités par Nicole Gingras dans son livre Souffle/Breathing : « […] c’est aussi une façon de pointer la dimension paradoxale de [ma présence dans la salle d’exposition], toute apparition faisant corps avec sa disparition. » Ma voix donne corps à l’œuvre et à ma pensée tandis que mon corps est un lieu de passage dans lequel se croisent de multiples interprétations. À cet effet, la vidéo d’art réalisée à partir des dessins contenu dans mes carnets de pèlerine, évoque un état situé au seuil de la perception. C’est à la sensation du besoin urgent de respirer, à la « soif d’air », qu’est dû le mouvement instinctif par lequel les côtes se soulèvent avec énergie pour attirer dans la cavité thoracique une plus grande quantité d’oxygène. Un souffle impossible à fixer dans l’image lorsqu’il se produit en moi.


Consultez le mémoire de maîtrise présenté à l’Université Laval “AMBULATOR NASCITUR NON FIT / On naît marcheur on ne le devient pas”

Consultez l’article de presse